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SÉCURITÉ La police municipale cherche le bon calibre

SÉCURITÉ La police municipale cherche le bon calibre

Publié le 08/02/2015

PAR PASCAL MUREAU

Compiègne, Beauvais, Amiens, Abbeville… Sous la pression des syndicats depuis les attentats, de nombreuses mairies sont en train de reconsidérer l’armement de leurs policiers municipaux.

A Maignelay-Montigny, il y a déjà une quizaine d’années que le policier municipal est doté d’un revolver manurhin.

 

Ce vendredi matin, il souffle dans la commune un vent coupant, à ne pas mettre un malfrat dehors. Éric Franquelin, le policier municipal, est malgré tout sorti avec son arme, un revolver manurhin, calibre 38 Spécial. À Maignelay-Montigny (Oise), 2 700 habitants sur le plateau picard, la police municipale est armée depuis les années 80. Mais l’équipement a évolué, en même temps que la loi, qui désormais cadre bien les choses. «  Dans les années 2000, la commune a signé une convention avec la gendarmerie pour des missions de surveillance du commerce  », explique Denis Flour, le maire PS. «  Les gendarmes étant armés, il m’a semblé naturel que notre policier le soit aussi. Un cambrioleur déterminé ne ferait pas la différence entre les uniformes…  »

Arbitre de football, Éric Franquelin connaît beaucoup des jeunes de la commune par leur prénom, règle en bon père de famille des petits litiges, comme il s’en produit partout. Mais à côté de ses missions locales, plutôt tranquilles, il participe régulièrement aux opérations anti délinquance des gendarmes, de nuit, sur tout leur territoire. Par chance, en dehors des entraînements (100 tirs par an), son revolver n’a jamais quitté son fourreau. «  Mais une arme sur soi, par les temps qui courent, oui, c’est rassurant  », estime-t-il.

Une aide des départements ?

À l’autre bout du département, Jacqueline Vanbersel, maire UMP de Sainte-Geneviève, à cinquante kilomètres de Paris, ne regrette pas non plus d’avoir armé son unique (à l’époque) policier, il y a également une quinzaine d’années. Il s’agissait alors de rassurer la population après l’assassinat d’une sexagénaire à son domicile. «  Avant, notre policier était moins pris au sérieux  », affirme l’élue.

Après les attentats du début d’année, l‘heure n’est plus aux préjugés. Plutôt à une sorte d’urgence. Élu UMP de Compiègne, Éric de Valroger, magistrat, confesse qu’il a un peu improvisé, le 22 janvier, lors de la présentation du programme de la droite pour les élections départementales. L’élu a formulé la proposition, qui ne figurait pas sur le programme de son parti, que le Département apporte à l’avenir son aide (pour l’achat du matériel et la formation) aux maires qui souhaiteraient armer leurs policiers. En cas de changement de majorité, les édiles qui en feraient la demande bénéficieraient d’une enveloppe bonifiée dans le cadre de l’aide aux communes. Des subventions habituellement accordées pour des travaux et des équipements courants.

Compiègne franchit le cap

Si beaucoup de maires restent réticents à l’idée des armes mortelles, la situation évolue. Comme à Compiègne, où la mairie avait signé une demande d’autorisation au préfet pour que ses 28 policiers soient équipés d’un pistolet à impulsion électrique (une arme non létale), de type taser. En fin de semaine dernière, elle a transformé sa requête en demande d’autorisation pour des armes à feu. «  E ntre-temps, il y a eu les attentats, et une forte mobilisation des syndicats  », explique Éric Verrier, adjoint à la sécurité. La première année, la commune a prévu entre 40 et 50 000 euros pour l’achat des armes et surtout pour les formations obligatoires. «  Nous avons été entendus. Désormais un simple tapage ou contrôle routier peut déraper  », commente le délégué du SDPM, syndicat qui avait formulé cette exigence avec l’USPPM. Mais c’est bien le préfet qui décidera.

«  On nous envoie sur tout et n’importe quoi. On sait que le cocktail arme à feu et alcool donne des résultats tragiques  », plaide Alain Melcus, délégué régional CFTC police municipale. D’abord rétive à toute idée d’armement, la maire UDI d’Amiens pourrait finalement dire oui pour des pistolets à impulsion électrique. «  On ne dirait pas non  », déclare Alain Melcus. La mairie d’Abbeville, où cette fois le maire PS ne semblait pas opposé à des armes à feu, pourrait finalement se diriger, elle aussi, vers ce type de solution. «  Nous sommes en pleine discussion. Cela pourrait se faire assez rapidement  », estime Luc Hénot, représentant CTFC Police municipale . Quand à Beauvais, le syndicat juge que la maire UMP porte «  une oreille attentive  » à sa demande de port d’arme à feu.

http://www.courrier-picard.fr/region/securite-la-police-municipale-cherche-le-bon-calibre-ia0b0n515675

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