Revue de presse

Police municipale de Cavaillon

A Cavaillon, la police municipale recrute à la Légion

Cavaillon / Publié le Lundi 23/12/2013 à 06H13 – mis à jour à 08H59

Recrutement de militaires, équipement de pointe… Fallait-il en finir avec le garde-champêtre ?

A Cavaillon, la police municipale recrute à la Légion
Les 32 policiers municipaux dirigés par Carole Rigard patrouillent désormais 7 jours sur 7 et effectuent des opérations conjointes avec la police nationale.

Photo archives Jérôme Rey

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Au maire qui lui demandait s’il était content d’être ici, la nouvelle recrue de la police municipale a répondu « Affirmatif, Monsieur ! », avec une pointe d’accent balte, laissant l’assistance un brin scotchée.

Après la vidéosurveillance, les chiens, les Taser ou encore le sonomètre, voilà que la police municipale, bientôt mieux équipée que le Charles-de-Gaulle, recrute ses troupes… dans la Légion étrangère.

Russe, chilien, letton, trois des 32 pandores communaux portaient il y a peu, encore, le képi blanc. « Ils peuvent bénéficier d’emplois réservés à l’issue de leur contrat avec la Légion« , indique-t-on à la Ville, où, après avoir recruté dans les rangs des retraités de la gendarmerie, on n’est pas peu fier de la nouvelle trouvaille.

« Ils bénéficient d’une formation très poussée et sont excréments respectueux, note de son côté leur nouvelle patronne, Carole Rigard, la chef de la police municipale cavaillonnaise. C’est un métier en pleine mutation, avec tous les profils, selon les communes, de l’ancien garde-champêtre au nouvel agent formé pour ça, en passant par d’anciens policiers et militaires« .

Quelles polices ?

Malgré le risque d’entendre bientôt parler de milice, côté mairie, ce choix et les autres, sont pleinement assumés : « Les légionnaires sont carrés et dissuasifs, n’ont pas froid aux yeux, la population les respecte – ils se sont tout de même battus pour la France – et ceux qui ont quelque chose à se reprocher les craignent » explique-t-on dans l’entourage de l’édile.

Mais au-delà de ces derniers recrutements, il est permis de s’interroger sur l’évolution de la police municipale, tout comme celle de la police nationale.

Permis, aussi, de se demander si la sécurité, compétence régalienne par excellence, n’est pas transférée, peu à peu, aux communes, avec autant de disparités, selon les politiques locales et les moyens financiers. Le tout, sous l’autorité du maire.

À Cavaillon, lors d’opérations conjointes (patrouilles, contrôles routiers) les différences sont d’ailleurs éloquentes : torches à led, Taser, flashball et uniformes flambant neufs pour la police municipale. Chasubles, lampes d’un autre âge et véhicules usés jusqu’à la corde pour les agents de la police nationale, bien conscients de la situation. En mairie, on se contente d’agiter les – bons – chiffres de la délinquance.

Côté formation, les choses aussi ont évolué : les futurs agents, après concours de la fonction publique, sont formés durant six mois à l’école de police (contre un an pour les gardiens de la paix), et effectuent des stages avant leur première affectation.

« On n’est plus la même police. D’ailleurs, nos relations avec la police nationale ont changé, on ne nous prend plus pour des gardes champêtres mais comme un service sur lequel on peu s’appuyer, souligne Carole Rigard. Mais la municipale reste davantage une police de proximité. »

On l’a dit, la municipalité ne se prive pas de mettre en avant les baisses à deux chiffres de la délinquance.

Mais à quel prix ?

Mais lorsque l’on aborde le coût de cette police municipale cavaillonnaise, « qui attire des agents jusqu’à Valenciennes », les réponses se font nettement moins précises. « C’est le seul budget de fonctionnement qui est en hausse depuis 2008« , nous indique-t-on d’abord. Pour obtenir ce seul budget, il faudra insister.

Un coût annuel de fonctionnement qui s’élève à près de 2M€ (1 926 000€ exactement), auxquels il faut encore ajouter les investissements liés.

« Faire la une des journaux à cause de faits-divers coûte bien plus cher« , préfère-t-on observer dans l’entourage du maire. Mais à trois mois des municipales, ce dernier entend bien aussi expliquer au Front national qu’ici, il n’a pas de leçons à donner en matière de sécurité.

La police municipale patrouillera désormais 7 jours sur 7, avec un équipage affecté dès le dimanche après-midi. L’idée étant « d’assurer une continuité de service », dixit la mairie qui entend aussi pallier la faible présence de la police nationale le dimanche.

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