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agression d’un collègue garde-champêtre

Le garde champêtre de Carlepont victime d’une agression

Les gardes champêtres sont aujourd'hui appelés des policiers ruraux et sont amenés à devenir des policiers territoriaux, au même titre que les agents municipaux. (Photo d'archives)
Les gardes champêtres sont aujourd’hui appelés des policiers ruraux et sont amenés à devenir des policiers territoriaux, au même titre que les agents municipaux. (Photo d’archives)

Mercredi, un contrôle routier a mal tourné. Le policier rural a reçu des coups, alors qu’il était dans l’exercice de ses fonctions. Une enquête est en cours.

Je suis sous le choc. On se dit toujours que ce genre de chose n’arrive qu’aux autres. Surtout que je suis plutôt de ceux qui privilégient le dialogue … » Ce genre de chose ? C’est une agression, sur son lieu de travail. Mercredi après-midi, le garde champêtre de Carlepont effectue une patrouille de surveillance à Carlepont, quand il aperçoit le conducteur d’une moto, sans casque, arriver vers lui. « Comme il était trop tard pour que je puisse faire le geste réglementaire qui me permet de lui demander de s’arrêter, j’ai juste ouvert ma portière pour lui dire « et le casque » ? Il m’a répondu « Je n’en ai pas ». »

Selon le garde champêtre, l’homme s’engouffre alors dans un chemin pour aller vers un espace classé Natura 2000 avant de redescendre, avec le casque. « Cette fois, je lui ai demandé de s’arrêter, pour qu’il me montre ses papiers, il n’en avait pas. Je lui ai fait remarquer qu’il n’avait pas mis les sangles de son casque, qu’il n’avait pas de plaque, ni d’assurance. Il s’est alors mis à me frapper avec son casque, que j’ai maîtrisé », poursuit la victime.

Le conducteur de la moto lui aurait alors foncé dessus, le traînant sur quelques mètres, avant de prendre la fuite. La gendarmerie confirme qu’une enquête est en cours. Confiée à la brigade de Choisy-au-Bac, elle permettra de déterminer les responsabilités de chacun dans cette affaire.

Blessé au ventre et aux jambes, le garde champêtre est en interruption totale de travail pour trois jours. « Ce qui est le plus dur, c’est le choc psychologique. Nous sommes souvent seuls pour faire ces contrôles. Je n’ai pas cherché à faire le Starsky et Huch, je faisais de la prévention. Quand je suis en forêt, ce genre de débordement pourrait m’arriver face à un chasseur, qui est armé. Moi, quel est mon moyen de défense? Nous sommes démunis face à la montée des incivilités qui peuvent se terminer comme ici en agression. Et nous ne sommes pas armés », confie la victime.

Selon Michel Lauvray, vice-président de la Fédération nationale des gardes champêtres, son collègue remplissait tout à fait sa mission en contrôlant ce sexagénaire. « Notre métier est peu connu, mais nous sommes des agents de police judiciaire à part entière. Nous sommes habilités à faire de la police de la route », insiste t-il. Il rappelle également qu’avant 1958, chaque commune était dans l’obligation d’avoir un garde champêtre. « Depuis que l’obligation est levée, les maires ne jugent pas forcément utile de nous remplacer. Pourtant, avec la baisse des effectifs dans la gendarmerie et la police, notre présence est précieuse, notamment dans les campagnes. »

Car contrairement aux idées reçues, le garde champêtre peut travailler à la ville, avec la police nationale comme à la campagne, où il exerce en lien avec la gendarmerie. Il a les mêmes missions que la police municipale, mais il dispose de pouvoirs plus étendus en matière d’environnement, notamment des problématiques de l’eau, de la chasse ou encore de la pêche.

CINDY LÉCRIVAIN

« Le métier est amené à disparaître »
« Avant, les gens n’achetaient pas les journaux et nous n’avions pas les mêmes moyens de communications qu’aujourd’hui. Le garde champêtre avait une mission d’information et de communication. Le métier a bien évolué », raconte Michel Lauvray. Aujourd’hui, les gardes champêtres, également appelés policiers ruraux ont les mêmes missions que les policiers municipaux, mais ils ont des compétences sur l’environnement en plus. « Demain, cette différence n’existera plus. Avec la réforme qui se prépare nous seront tous des policiers territoriaux, qui exerceront les mêmes missions. On ne parlera donc plus de garde champêtre », explique le vice-président de la Fédération nationale des gardes champêtres.

Il insiste cependant sur le fait que les maires ou les groupements de communes ont le pouvoir de créer des brigades de gardes champêtres. « Si nous étions plus nombreux, les incidents comme celui qui s’est déroulé à Carlepont n’existeraient pas. Quand on est deux par patrouille, les choses sont différentes, on est moins vulnérables, moins exposés à l’insécurité», assure t-il.

CINDY LÉCRIVAIN

http://m.courrier-picard.fr/region/le-garde-champetre-de-carlepont-victime-d-une-agression-ia190b0n203383

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