Revue de presse

Police municipale de Charente

Charente : faut-il armer la police municipale ?

À Cognac, à droite, Belliot est pour, Mouhot contre. Le débat s’ouvre. Les exemples d’Angoulême et de Barbezieux sont instructifs.

Le pistolet Taurus 38 Spécial : l’arme dont sont dotés les deux municipaux à Barbezieux.

Le pistolet Taurus 38 Spécial : l’arme dont sont dotés les deux municipaux à Barbezieux. (PH. M. BOUTIN)

Faut-il armer la police municipale de Cognac ? La question, très sensible, a été posée le 26 septembre, lors du premier grand meeting de Noël Belliot (UMP). Ce soir-là, à La Salamandre, le candidat de droite aux élections municipales en appelait à « une politique de sécurité décomplexée au service de tous ». « Nous lancerons un programme de vidéo-protection et nous renforcerons l’équipement de notre police municipale », avait déclaré Noël Belliot.

Ces arguments ont déplu à Jérôme Mouhot (UMP). Dans une interview publiée mercredi dans les colonnes de « Sud Ouest », l’ancien maire a regretté le « virage tout sécuritaire » de son ancien adjoint et parlé « d’effet de mode ». « Cognac n’est pas Marseille.

1 Cognac : les agents sont-ils bien formés ?

Jeudi matin, Noël Belliot a réagi et s’est déclaré surpris. « D’abord, je n’ai pris aucune décision et je n’ai pas dit qu’il fallait à tout prix doter la police municipale d’armes à feu. À ce stade de réflexion, la question n’est pas tranchée […]. J’ai constitué un groupe de travail avec un spécialiste qui a trente ans de service dans les rangs de la police. Nous réfléchissons et nous pensons davantage à la possibilité d’équiper les agents de pistolets à impulsion électrique Taser ou de tonfas. »

Et Noël Belliot d’ajouter que la police municipale de Cognac dispose déjà de tonfas (des matraques à poignée latérale), mais que ces armes de sixième catégorie ne sont pas utilisées, « faute de formation spécifique des fonctionnaires et de volonté d’y procéder du maire socialiste ». Selon le candidat de droite, ne pas donner aux policiers municipaux les moyens de neutraliser un agresseur violent, c’est mettre leur vie en danger ! »

Noël Belliot dit encore : « La sécurité n’est pas un sujet tabou. La question n’est ni de gauche ni de droite. René Vignerie, à Barbezieux, a bien armé ses policiers municipaux ! À ce que je sache, c’est un homme de gauche ! »

2 Barbezieux : les deux fonctionnaires armés

Des municipaux revolver à la ceinture, à Barbezieux, petite ville de 4 768 habitants ? Vrai ou faux ? Vrai, a-t-on vérifié auprès du maire. « Nos deux agents ont été armés, désarmés, puis réarmés il y a trois ou quatre ans, explique René Vignerie. Nous avons passé une convention avec la gendarmerie nationale. Nos policiers interviennent souvent aux côtés des gendarmes, dans des situations parfois délicates. Ils sont aussi exposés au danger que les personnels militaires. »

René Vignerie précise que ce choix n’a pas suscité de vive émotion en ville, que les agents n’ont jamais utilisé leur arme, et que la simple vue du Taurus 38 Spécial à la ceinture « calme les individus les plus récalcitrants ».

3 Angoulême : Lavaud dit non à un syndicat

Début septembre, un syndicat a demandé que les policiers municipaux d’Angoulême soient armés. Cette requête était présentée comme « une revendication ancienne » ravivée par une série de faits graves, les deux homicides cet été dans le quartier sensible de La Grande-Garenne. Non, a répondu Philippe Lavaud, qui considère que les missions de la police municipale relèvent « de questions de prévention et de maintien de la tranquillité publique, pas de lutte contre la délinquance et de répression, dévolues à la police nationale ».

Le maire d’Angoulême ajoute que « la question de l’armement, qui n’est qu’un outil de travail, importe moins que celle de la stratégie de mise en œuvre ». Il loue ici une « convention unique dans le département » avec la police nationale. « Municipaux et nationaux communiquent par radio, le traitement des mains courantes et des plaintes est mutualisé, cela marche bien », ajoute-t-il.

Angoulême compte une douzaine d’agents de surveillance de la voie publique (ASVP) et 14 policiers municipaux. Ces derniers sont équipés de tonfas, de bombes lacrymogènes et de gilets pare-balles.

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