Revue de presse

Police municipale de compiègne

| TRIBUNAL CORRECTIONNEL |

Un Compiégnois, âgé de 20 ans, a été condamné, ce mardi, à six mois de prison, dont trois avec sursis et mise à l’épreuve.

Le policier municipal a reçu la médaille de la Ville le 14 juillet. (Photo d'archives)

Muharren Ayyildiz a-t-il foncé délibérément sur un policier de la Ville de Compiègne, le soir du 9 juin, dans la rue des Réservoirs. En le condamnant, ce mardi, à six mois de prison, dont trois avec sursis et mise à l’épreuve de 18 mois, le tribunal correctionnel de Compiègne a estimé que oui.

Au début de cette soirée de début d’été, deux policiers municipaux enquêtent dans la rue des Réservoirs, à Compiègne. On leur a signalé un individu circulant sur une motocross, à vive allure et sans casque. Rapidement, Lilian Mahew aperçoit l’engin. « Je me suis mis sur le côté de la chaussée et je lui ai fait signe de ralentir, raconte, à l’audience, l’agent municipal. Il ralentit, je me porte à sa hauteur et il a réaccéléré au moment où je me trouvais à sa hauteur. »

Le choc est inévitable. Les deux hommes tombent. Le policier municipal se retrouve sous la moto, un engin puissant (450 cm³) pesant une bonne centaine de kilos. S’ensuit une course-poursuite à pied, avant une interpellation mouvementée.

La version de Muharren Ayyildiz diffère. « Je suis pas fou pour aller percuter quelqu’un volontairement, lâche-t-il d’emblée. Je roulais dans la rue, en reposant ma roue, j’ai vu quelqu’un sortir d’entre les voitures. J’ai freiné, puis glissé. Je pensais que c’était un passant et c’est en arrivant à sa hauteur que j’ai vu la chemise de la police municipale. »

Dans la mêlée, les deux hommes sont blessés. Le policier municipal est d’abord arrêté cinq jours – il n’a toujours pas repris le travail -, le prévenu, trois jours.

Pour la procureure de la République, Ulrika Delaunay-Weiss, tout comme la présidente de l’audience, les faits sont graves et auraient pu se retrouver devant une cour d’assises. Me Hennique, qui défend le prévenu, n’a de cesse de dénoncer un dossier à charge. « On n’a que deux versions : celle d’un policier assermenté et celle de mon client. » Elle met en avant les incohérences et assène : « Avec une moto de cette puissance, s’il avait réellement accéléré lorsqu’il a vu le policier municipal, on ne serait pas là aujourd’hui. »

Le tribunal s’est rangé aux réquisitions du Parquet. La moto a été confisquée et une audience sur intérêts civils fixée en février, pour juger du préjudice moral et physique.

O. M.

http://www.courrier-picard.fr/region/policier-municipal-renverse-six-mois-de-prison-dont-ia190b0n174232

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