Revue de presse

la Police rouennaise est sous pression

La police Rouennaise est sous pression

Publié le mercredi 05 décembre 2012 à 07H43

CIRCULATION. Avec plus de 80 000 véhicules par jour dans le centre, les agents municipaux peinent à suivre le rythme.

La déviation des poids lourds impacte la ville (photo Stéphanie Péron)

La déviation des poids lourds impacte la ville (photo Stéphanie Péron)

Au bout d’un dédale de couloirs qui semble interminable, le téléphone ne s’arrête plus de sonner au 40, rue Orbe, ce vendredi soir. Les mauvais jours, deux agents prennent jusqu’à une centaine d’appels au poste de contrôle et de régulation du trafic (PCRT) de la police municipale. Des accidents de la route – avec un accrochage tous les deux à trois jours, en moyenne, depuis la fermeture du pont Mathilde – mais aussi des captures de chiens errants, quand ce ne sont pas des riverains en colère. « Le pire moment pour nos patrouilles, ce sont les heures de pointe, entre 7 h et 9 h, puis entre 17 h et 19 h. Ce sont les créneaux on l’on enregistre le plus de réquisitions pour déplacer des véhicules qui bloquent des sorties de garage, alors que trois quarts de nos effectifs sont mobilisés sur la circulation. »

Fatigue
Deux mois après la mise en place d’un comité de pilotage associant élus et forces de l’ordre et d’une réunion hebdomadaire avec ses homologues de la police nationale, le chef de la tranquillité urbaine Franck Gombicki avoue son désarroi. « Nos agents sont formés à la circulation mais nous ne disposons pas de moyens suffisants », expose le fonctionnaire, qui déplore l’allongement de la durée moyenne des interventions de ses agents, passée d’une vingtaine de minutes à une heure minimum. Leur réaction, lorsqu’il s’agit de plaintes ou d’agressions ? « C’est simple, on renvoie tous les appels vers Brisout-de-Barneville [la police nationale, NDLR] », réplique du tac au tac le patron de la police municipale. Un manque de moyens humains auquel s’ajoute apparemment un déficit d’équipement structurel. Avec deux scooters, les patrouilles de la rue Orbe ne disposent par exemple d’aucune unité à moto. Une défaillance que la crise de circulation a cruellement mise en évidence. Ce vendredi soir, plusieurs volontaires se sont ainsi vu proposer une formation au permis deux-roues. Parmi eux, le coéquipier de Sylvain Lecointre et Stéphane Dauzou, appelés en urgence à l’intersection entre le boulevard de l’Europe et l’avenue Jean-Rondeaux de Rouen, suite à un accident sur l’A150.

« S’adapter en permanence »
Une chance que Ludovic Pannequin se libère facilement depuis le début de la crise, pour prêter main forte à ses collègues. Contacté peu avant 17 h, l’agent s’engouffre dans le véhicule de fonction, vite propulsé entre les automobilistes, à renforts de sirène et de gyrophare.
Sur le terrain, le stress gagne rapidement les conducteurs, sans épargner les policiers. Avec six à dix heures supplémentaires cumulées en moins de cinq jours, Ludovic Pannequin commence à sentir la fatigue. Dans les épaules. Et dans le cou.
S’époumoner dans un sifflet plusieurs heures durant, s’attirer les foudres des automobilistes, furieux de voir déviée leur trajectoire, actionner sa baguette phosphorescente sans une minute de trêve dans le froid et la pluie… « Le plus dur, c’est de ne pas perdre notre vigilance », livre Sylvain Lecointre. Comme les automobilistes, les agents ne sont pas à l’abri de céder aux automatismes à force d’occuper les mêmes points stratégiques. « En même temps, il faut s’adapter en permanence, car les secteurs congestionnés se déplacent de jour en jour, les usagers tâtonnant, testant… », remarque Franck Glombibki. Des exigences que l’on devine stimulantes pour les patrouilles. Et dont on se féliciterait presque, si la sécurité des uns et des autres n’était pas en jeu.

 

source Paris Normandie

Pas encore de commentaire.

Ajouter votre réponse

sictameunsahutchinson |
fomacif |
uslive |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | cgtvilledemartiguescapm
| 100pour100chat
| starzia