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Le maire de Nouzonville arme ses policiers

NOUZONVILLE (Ardennes). La commune nouzonnaise est la cinquième du département à armer sa police. Le maire Jean-Marcel Camus a commandé des Manurhin 38. Il n’en est toujours rien à Charleville-Mézières et Sedan.

C’est dans le cadre d’une communication (et non d’une délibération sanctionnée par un vote) que Jean-Marcel Camus, maire (divers gauche) de Nouzonville, a annoncé en fin de conseil municipal jeudi soir à ses collègues qu’il avait décidé, usant de ses pouvoirs de police, « d’armer… la police municipale ».
Des revolvers de type Manurhin 38 ont été d’ailleurs commandés.
On ignore encore si l’ensemble des cinq policiers est concerné.
En tout cas, la cité nouzonnaise sera donc bientôt la 5e commune du département à avoir fait ce choix après Revin, Vivier-au-Court, Vrigne-aux-Bois et Villers-Semeuse. Des localités dont les maires sont d’étiquette variable (comme quoi ce problème dépasse le clivage droite-gauche), et où ce « virage » date parfois d’une vingtaine d’années et ne fait plus débat. Cela concerne d’ailleurs un nombre limité de fonctionnaires : deux à Villers, cinq à Revin…
Hier soir, le préfet des Ardennes Pierre N’Gahane a indiqué ne pas encore avoir été informé de cette décision, mais estimait « légitime » que le premier magistrat nouzonnais ait d’abord souhaité informer ses collègues. Le représentant de l’Etat n’a donc pas non plus encore, évidemment, donné son aval.

Un message fort…

Cependant, vu les précédents dans les Ardennes, on imagine mal un refus (à condition que la procédure soit respectée).
Car la loi de 2000 prévoit qu’effectivement si le type d’« armement reste à la discrétion du maire, (il) est soumis à l’autorisation du préfet pour le port autorisé en service sur le territoire communal ». Ce qui est évidemment le cas pour les revolvers de 4e catégorie.
Les fonctionnaires, possédant le port et l’autorisation, devant par ailleurs se soumettre à un entraînement régulier, l’usage ne pouvant relever que de la légitime défense.
Un peu moins de 40 % des quelque 21.000 policiers municipaux français sont armés (de revolvers de 4e catégorie), avec des effectifs parfois très étoffés, notamment en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Dans le département, on notera rolleyes.gif que les deux principales villes, Charleville et Sedan, n’ont pas franchi le pas, mais que le débat revient fréquemment agiter les élus locaux, encore tout récemment à Sedan.
Nouzonville, où le prédécesseur de Jean-Marcel Camus, Guy Istace, est allé jadis jusqu’à refuser d’organiser un scrutin pour protester contre l’insécurité grandissante dans sa ville et réclamer ainsi davantage de moyens de la part de l’Etat pour assurer la tranquillité de ses concitoyens (*), seuls les gendarmes étaient jusqu’alors armés. Politiquement et symboliquement, c’est une décision loin d’être anodine qu’a prise là Jean-Marcel Camus. Mais c’est aussi, sans doute, le souhait d’envoyer un message fort à ses concitoyens. Qu’ils soient las des actes d’incivilité et de délinquance constatés et répétés, ou qu’ils en soient… les auteurs.

Philippe MELLET
l’union

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