Communiqué de presse

Police municipale LANGUEDOC ROUSSILLON

Vauvert Valls dégaine l’arme fatale, la ZSP

02/09/2012, 17 h 00 | Mis à jour le 02/09/2012, 18 h 28
Manuel Valls veut lancer une police sur mesure, adaptée aux problématiques spécifiques de chaque zone.
Manuel Valls veut lancer une police sur mesure, adaptée aux problématiques spécifiques de chaque zone. (AFP)

Le ministre de l’Intérieur installera, le 17 septembre, à Vauvert (Gard), deux des quinze premières zones de sécurité prioritaires dans un contexte de criminalité en hausse.

L’étang de l’Or, à Mauguio, les barres des quartiers Nord, à Marseille : même combat. Le ministre de l’Intérieur a dégainé, espère-t-il, l’arme fatale contre la délinquance « enracinée » quelle que soit sa nature. Trois lettres, ZSP, (zones de sécurité prioritaires) qui claquent comme un pari : réconcilier la gauche – les gauches – avec une thématique où elle est mal à l’aise. Le sujet est d’autant plus sensible que les statistiques de la délinquance sont mauvaises.

Sur le papier, c’est une police sur mesure. Rien à voir avec la réputée coûteuse police de proximité qui, elle, déployait le même dispositif partout.

« Le mois de septembre sera consacré à la concertation avec les magistrats, élus, policiers… pour choisir les 50 prochaines zones », explique-t-on au cabinet du ministre. Comme il n’y a pas une mais des délinquances, à Amiens, on privilégiera davantage la lutte contre les violences urbaines ; à Marseille celle contre le grand banditisme, les stups et l’économie souterraine. Dans la région, ce seront les cambriolages. Deux zones sont prédéfinies : Vauvert-Saint-Gilles, dans la circonscription gardoise du député soutenu par le FN, Gilbert Collard (+7 % de cambriolages en 2011) et Lunel-Mauguio dans l’Hérault (+ 2,6 % à 8 985 vols). La Devèze, à Béziers, ou certains quartiers à Nîmes et Montpellier pourraient postuler à ce label.

Les ZSP combineront aussi l’action de la justice, du fisc ou les fraudes, via un comité de pilotage.

En poste à La Grande-Motte, Jean-Michel Weiss, l’un des responsables de la Fédération autonome de la police municipale, attaque : « Le gouvernement a voulu faire vite. Il faudrait déjà que nos 20 000 policiers aient accès aux fichiers et que le partage des fréquences radio soit généralisé avec les autres forces de police. » De son côté, le maire de Mauguio, Yvon Bourrel, s’est ému : « Il semblerait que notre ville, voisine de la plus importante ville de l’Hexagone en zone gendarmerie, Lunel, et de l’agglomération de Montpellier, ait été choisie parce que rurale et périurbaine, pour tester ce nouveau dispositif ».

La question des moyens se pose avec acuité. Le ministre a annoncé le renfort de 500 policiers pour… tout l’Hexagone cette année. Soit une poignée pour la région. « On ne verra rien avant 2014 : il faut un an minimum pour former un policier », rappelle un fonctionnaire. « Ce sera de toute façon un cache-misère : il manque 250 policiers en Languedoc-Roussillon pour fonctionner normalement !« , s’étrangle un policier héraultais. « Avant la présidentielle, on demandait même aux formateurs de l’école de police de Nîmes de sortir en tenue et en voitures sérigraphiées pour faire le nombre… », renchérit Bruno Bartocetti, délégué régional SGP qui va écrire aux députés de la région pour les sensibiliser.

Député PS du Val-d’Oise et rapporteur du budget des forces de l’ordre, Jean-Pierre Blazy a été désigné, avec son homologue sétois, Sébastien Denaja, pour pratiquer une « évaluation permanente du dispositif », notamment pour savoir si la délinquance ne va pas se déplacer. « C’est possible. Nous restons modestes. Guéant voulait supprimer 3 000 postes de gendarmes et de CRS. C’est oublié. En plus, nous allons créer 500 postes de policiers par an pendant les cinq ans du mandat. Ce n’est pas rien ! »

Ces nouveaux postes seront affectés essentiellement à la soixantaine de zones de sécurité prioritaires (ZSP) que le ministre, Manuel Valls, souhaite mettre en place dans les douze mois à venir, et dont quinze seront créées dans quelques semaines. Un système inédit qui demande à faire ses preuves.

Mauguio : après la surprise, les attentes sont grandes

3 000 habitants en 1954, 17 000 aujourd’hui et plus de 20 000 dans vingt ans. Jouxtant Montpellier, Mauguio, vaste commune de 7 670 hectares, pousse vite. La présence de la gendarmerie, de 29 agents municipaux, de la vidéosurveillance et de la vidéoprotection n’y suffisent apparemment pas pour ralentir le rythme de la délinquance :

« En août 2011, on a dénombré 495 atteintes aux biens, dont font partie les cambriolages. En août 2012, 582. » Une hausse de 17 %. « On n’en fait pas assez ! », maugrée une grand-mère sur la place de la mairie. Après la surprise et « l’image négative d’une telle annonce », la municipalité positive : « Cette ZSP, c’est une bonne chose. Elle appelle des moyens nouveaux pour renforcer notre politique préventive. C’est le dernier morceau d’un puzzle auquel nous travaillons depuis longtemps », argumente le maire, Yvon Bourrel (div.g.), favorable à « l’ordre républicain et à l’aspiration légitime des Melgoriens à davantage de sécurité sous toutes ses formes ». Dans sa commune se déploie toute la palette de la prévention institutionnelle et associative, de la délégation jeunesse à l’accompagnement des jeunes durant les neuf jours de la fête votive, grâce à l’association Portia qui porte la bonne parole dans les écoles et dispose même d’un local en centre-ville avec des lits. En passant par un conseil intercommunal de prévention de la délinquance. En mars, le maire a souscrit, comme 15 autres villes de l’Hérault, département pilote, au dispositif “Voisins vigilants” : des foyers volontaires, censés, par leur surveillance active, prévenir les vols. Et réhabiliter la sécurité passive d’antan, où les voisins étaient naturellement attentifs. Et si des communes voisines héritent de la délinquance de Mauguio ? « Ce n’est pas une raison pour ne rien faire… », répond Yvon Bourrel.

Dans la région

Cambriolages
Dans la région, selon l’Observatoire de la délinquance et des réponses pénales, la plaie des vols avec violence a augmenté de 27 % entre 2006 et 2011 (5453 faits recensés) ! Les cambriolages sont passés de 18 716 en 2006 à 21 202 en 2011, une hausse tout aussi spectaculaire de 13,3 %. Entre 2010 et 2011, le chef des études de l’Observatoire, Christophe Soullez avance : « Ces fric-frac à répétition seraient l’œuvre d’équipes et de réseaux qui écument des territoires et changent de département à toute vitesse. » Le spécialiste évoque aussi la « facilité d’écouler les marchandises, notamment l’or,
de plus en plus recherché. »

Effectifs
Le Languedoc-Roussillon compte 4 000 policiers, des CRS à la PJ (police judiciaire) en passant par la police aux frontières. On compte 3 669 gendarmes dans la région, dont 3 542 opérationnels et 127 personnels à l’état-major régional, à Montpellier.
Enfin, il y a 1 800 policiers municipaux en Languedoc-Roussillon, dont la plus grande partie, 1 200 agents, sont munis d’armes de poing.

source midi libre

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