Revue de presse

police municipale intercommunale de caux en seine

A bout, les policiers municipaux se mettent en grève

Publié le mercredi 18 juillet 2012 à 16H10

Le climat délétère qui règne au sein de la police municipale intercommunale de Caux Vallée de Seine pousse les agents à lancer demain un mouvement de grève.

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Ambiance conflictuelle avec la hiérarchie, effectif en baisse, évolution de carrière bloquée, non-respect du planning: c’est pour toutes ces raisons que la police municipale intercommunale (PMI) a lancé un préavis de grève

Ambiance conflictuelle avec la hiérarchie, effectif en baisse, évolution de carrière bloquée, non-respect du planning: c’est pour toutes ces raisons que la police municipale intercommunale (PMI) a lancé un préavis de grève. Le mouvement doit intervenir vendredi entre 18 h et 20 h, juste avant le concert de Mika au parc Eana à Gruchel-le-Valasse (Seine-Maritime). Les agents ont prévu de se poster au rond-point de Senoble pour faire entendre leur colère. « On ne peut plus faire notre boulot. Qu’on se le dise, il n’y a plus de service public. Pas étonnant qu’il y ait une recrudescence des vols et des cambriolages à Notre-Dame-de-Gravenchon », s’insurgent les représentants syndicaux CFTC-POLICE MUNICIPALE, Benoît Descamps et Pascal Girardeau.

Depuis le début de l’année, les effectifs ont chuté de près de 30 %, passant de trente à vingt-deux agents. « Malgré tous ces départs, qui ne seront pas remplacés, on nous impose toujours le même rythme de travail. La situation est devenue ingérable. Dernièrement, lors d’un incendie à Bolbec, tous nos agents devaient être réquisitionnés. Mais nous n’étions que deux. Il a donc fallu faire appel aux gendarmes. »

« Un nombre impressionnant de depressions »

Pour les syndicats, tous ces départs résultent d’un climat délétère au sein de la PMI, une tension palpable dès 2007, quand les polices municipales de Lillebonne et Gravenchon ont fusionné. « Chaque ville voulait garder son chef. Il y a eu des querelles internes pour savoir qui dirigerait. Résultat, le chef de Lillebonne a déposé plainte pour harcèlement moral contre celui de Gravenchon. Il est aujourd’hui encore en arrêt longue maladie », déplorent les syndicats.

Une autre plainte pour harcèlement moral a été déposée par un agent, l’an dernier, toujours contre ce chef de Gravenchon, à qui les rênes de la PMI ont finalement été confiées, mais aussi contre son adjoint. « Nous avons eu ces derniers temps un nombre impressionnant de dépressions, au moins une dizaine. Nous avons le taux d’absentéisme le plus élevé de tous les services de la communauté de communes Caux vallée de Seine », fustigent Benoît Descamps et Pascal Girardeau.

La situation a pris de telles proportions qu’elle a contraint la CVS à mettre en place un audit. « Un agent s’est mis à pleurer pendant les entretiens, racontent les syndicats. On a nous intimé l’ordre de ne pas révéler cet audit à la presse, sous peine de sanctions disciplinaires, de modification de planning avec des horaires farfelus, et même pire, de dissolution de service. Qui aime la guerre périra, c’est ce que nous disait notre chef de service à chaque début de réunion. »

Celui-ci a finalement quitté la fonction publique le 1er janvier dernier, poussé vers la sortie après avoir été contrôlé positif au test d’alcoolémie au volant d’une voiture de service. « On pensait que l’ambiance s’améliorerait après son départ. Mais son adjoint qui assure l’intérim traite aussi les agents comme des chiens. C’est parce que rien ne change qu’on rompt aujourd’hui le silence », ajoutent les représentants syndicaux. C’est ainsi que l’affaire du nuage toxique qui a incommodé des policiers municipaux a pu éclater au grand jour. Un agent a d’ailleurs porté plainte à la gendarmerie contre la CVS et la société ExxonMobil pour mise en danger de la vie d’autrui par manquement à une obligation de sécurité.

 

« On va tout remettre à plat »

Joël Clément, vice-président de la CVS en charge du pôle sécurité publique, reconnaît un certain malaise et annonce une réorganisation du travail dès qu’un nouveau chef de service sera nommé.

La police municipale intercommunale (PMI) a perdu quasiment un tiers de ses effectifs depuis le début de l’année. Ça fait beaucoup ?

« Oui, mais ce sont des départs volontaires. Les trois agents qui ont demandé leur mutation seront remplacés, seulement la période estivale n’est pas très propice au recrutement. Concernant le poste de chef de service, il devrait être pourvu, mais la personne que nous avions retenue nous a finalement fait faux bond. Il faut donc repartir à zéro, sachant que la procédure est assez longue entre les tests, les entretiens, etc. On veut se blinder sur les gens qu’on recrute. Ne surtout pas se tromper. »

Tous ces départs ne témoignent-ils pas d’un certain malaise?

« Malaise? Oui, c’est vrai. Il faut sortir des bisbilles et des jalousies. Mais à force d’amener du sang neuf, on va finir par y arriver. »

Pour que la CVS demande un audit, c’est que le mal est profond…

« Avant la fusion, nous avions deux polices qui fonctionnaient différemment. Des clans se sont créés, des habitudes ont été prises. Aujourd’hui, on veut repartir sur de bonnes bases avec une vraie police de proximité. On va tout remettre à plat. Mais c’est difficile de changer d’organisation tant qu’on n’a pas un nouveau chef de service, même si la personne qui assure l’intérim fait très bien son boulot. Je comprends l’inquiétude du personnel, mais j’insiste sur le fait que le service n’est absolument pas remis en cause, contrairement à ce que j’ai pu entendre dire. Moi, je vais continuer à travailler en toute honnêteté pour ce service auquel je crois. »

Les syndicats réclament le rapport de l’audit mais ne l’obtiennent pas. Pourquoi?

« Parce qu’ils n’ont pas à avoir le document complet. Tout le monde a été entendu et il y a des clauses de confidentialité à respecter. Nous leur avons donné les conclusions, mais ils n’auront pas le détail. Ils n’ont pas à savoir qui a dit quoi. »

Et quelles sont les conclusions?

« Une nouvelle organisation du travail s’impose. Une des revendications des syndicats porte sur l’emploi du temps. Ce qu’ils oublient de dire, c’est que nous avons travaillé là dessus avec les délégués du personnel. »

L’affaire du nuage toxique n’a fait qu’envenimer la situation…

« C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les forces de police n’avaient pas à rentrer dans le périmètre. Si la procédure avait été respectée, les agents n’auraient pas eu besoin d’équipement particulier. Nous allons mener une enquête en interne, mais il s’agit pour moi d’un incident mineur. Qu’un agent ait pu porter plainte me semble disproportionné. Il aurait été plus judicieux de déposer une main courante. »

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